Aider, l'engagement d'un sportif

Lors de mon premier échange avec Vincent, dont vous trouverez le témoignage ici, j’ai réalisé qu’il y a avait un parallèle intéressant entre son parcours sportif et son parcours d’aidant.

Vincent pratique l’alpinisme et l’escalade depuis 30 ans en Haute-Savoie.

La montagne est belle mais elle peut être très dure. Lors d’une sortie en haute montagne, on ne peut pas toujours faire demi-tour. 

Aider, comme un sport d’endurance

J’aime la montagne mais je sais qu’il faut traverser des intempéries. Cela pouvait me sembler parfois impossible à affronter mais, in fine, même quand tout s’accumulait, je savais que j’étais mieux debout et vivant que si j’abandonnais.
Il faut continuer à grimper. En fonction des conditions, cette décision est le fruit d’une évaluation de sa capacité à avancer et des risques. Même si le grimpeur peut donner l’impression de ne pas avoir le choix, en réalité il exerce toujours un choix libre de ce qu’il estime être la meilleure voie pour lui, et le cas échéant pour le reste de l’équipe dont il est en charge. Il tient compte de nombreux paramètres mais il reste seul face à la décision à prendre. 

N’est-ce pas le parcours de l’aidant ? J’entends souvent dire qu’on ne devient pas aidant par choix. Je souhaite nuancer cette réflexion. Certes la maladie, le handicap ou plus généralement la perte d’autonomie sont subies mais chacun a le choix d’accepter ce rôle ou de laisser d’autres s’en charger : famille, professionnels ou institution publique. Ce choix existe même s'il implique de choisir la solution qui nous déplaît le moins.

Faire le choix de l’accompagnement d’un proche, c’est un engagement mental, comme pour un sportif qui aborde une épreuve d’endurance.

Parfois tenté d’abandonner, si le sportif poursuit son épreuve il en tire une satisfaction énorme à l’arrivée.

Les similitudes ne s’arrêtent pas là.

Chaque progression est une victoire 

Vincent, qui a accompagné deux proches atteintes de cancer (lire l'article ici), a ressenti les mêmes sensations dans ses sorties en escalade. Il évoque son parcours d’aidant et de sportif dans les mêmes termes : 
La peur ne me paralyse pas, l’adrénaline me fait avancer. Je suis en mouvement, je cherche des solutions, je fais face. Surtout, je ne regarde pas en arrière. Et finalement je choisis la voie que j’estime être la meilleure.
Ne pas regarder en arrière, pour l’aidant, ce serait ne pas regarder le passé, la période avant l’apparition de la maladie. Parce que cette amertume ne peut que freiner l’aidant. Ce ne sont pas les regrets de ne plus voir son proche en bonne santé qui donnent l’énergie nécessaire pour passer à l’action. Selon Vincent, chacun a en soi cette force pour surmonter les difficultés. Il faut la trouver et peut-être faire une introspection. Il en convient, la pratique du sport l’a aidé. Elle lui a appris à se connaitre et à progresser. Grâce à cette progression, l’effort est plus facile à surmonter. 

5 Conseils d’un aidant sportif

Mon échange avec Vincent m’a donné une sacrée dose de vitamine !

J’ai rencontré un homme convaincu que nous avons tous des ressources en nous pour aller de l’avant et continuer sur le parcours du combattant, ou devrais-je plutôt dire « le parcours de sportif » de l’aidant.

Je retiens que :

🌟Comme pour tous les sportifs qui ont débuté, la progression vient après l’effort.
🌟C’est un parcours solitaire et c’est le mental qui guide et permet de maintenir l’effort.
🌟Comme un grimpeur, ne regardez pas que le sommet de la montagne et ne regardez pas en arrière, concentrez-vous sur chaque pas réalisé.
🌟Chaque petite victoire compte et il faut l’apprécier : la reconnaissance, les sourires du proche que vous accompagnez.
🌟Si vous êtes seul, nourrissez-vous de la satisfaction personnelle d’accomplir quelque chose d’utile. Ecoutez aussi les encouragements qui peuvent venir de toutes parts, comme de ce blog !!


Et vous, qu’est-ce qui vous encourage le plus et vous permet de continuer à avancer ?

Je serais ravie de lire vos commentaires ci-dessous. Vous pouvez aussi me contacter directement ici.
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1 Commentaire

  • Paige
    Wow, j'adore le symbolisme d'un grimpeur et un.e aidant.e! J'ai toujours pensé (franchement) que j'étais dans "la vallée de l'ombre" et je trouverai un pâturage plus tard. C'est vrai que la progression vient après l’effort, et quelque fois l'effort est simplement la reconnaissance. Hm, qu’est-ce qui m'encourage le plus et me permet de continuer à avancer... Avec les maladies dégénératives, je trouve qu'il est important de partager du temps avec cette personne et d'apprécier leur personnalité en totalité. Pour moi, d'être à côté d'un membre de la famille avec une maladie m'a donné la foi dans la puissance d'amour sans frontières. Les yeux sont nouveaux avec l'amour sans peur. Merci pour votre blog, Caroline! Paige

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