Sandrine,
infirmière libérale inspirante

J’ai rencontré Sandrine, infirmière libérale dans une belle campagne bourguignonne. Une femme dynamique et passionnée par son métier. Sandrine parcourt chaque jour près de 130 kms pour prendre soin d’une trentaine de patients. Elle est une aidante professionnelle. Elle fait le lien entre l’hôpital et la maison.

L’infirmière, au cœur du maintien à domicile

Pansements, prises de sang, prises de médicaments, surveillance des effets secondaires, mesures de la tension, perfusions, toilettes, etc. Des gestes qui permettent le maintien à domicile pour lequel Sandrine milite lorsque le contexte y est favorable.

Sandrine m’explique que sa mission dépasse les actes techniques infirmiers : 
"J’informe, j’oriente, je coordonne, je rassure et je cherche des solutions pour des situations où les patients et leurs familles sont souvent perdus. Demain, mon père ou ma mère pourraient être concernés par la perte d’autonomie. J’aimerais qu’ils soient eux aussi bien pris en charge et je me dois donc de restituer ce souhait aux autres."
Grâce à elle, ces familles ne se sentent pas seules. Elle est un maillon essentiel de l’équipe qui entoure une personne fragile : son aide-soignante, son aide à domicile, sa famille, son kiné, son orthophoniste, son médecin, son pharmacien… L’infirmière à domicile est d’ailleurs souvent LE maillon qui relie la famille aux autres professionnels de santé. C’est la raison pour laquelle Sandrine rappelle que :
"La communication entre l’infirmière et les aidants familiaux est essentielle. Je leur dis que je suis là pour eux mais que moi aussi j’ai besoin d’eux. Nous devons communiquer."

La relation humaine, c’est ce qui rend ce métier passionnant

"Je rencontre des aidants familiaux adorables qui manifestent reconnaissance et gratitude. Comme ce petit café accompagné d’un biscuit que me prépare chaque jour Mme D, l’épouse d’un de mes patients. Ce café offert, c’est une petite attention simple qui me fait tellement plaisir et qui est devenue une habitude dans ma tournée. L’empathie peut se manifester dans les deux sens et chacun profite de ses effets. Avec Mme D. nous avons développé une amitié solide. Aujourd’hui son époux est décédé mais je passe toujours tous les jours quelques minutes prendre mon café chez elle.

Parfois, il y a des situations inacceptables, des personnes d’humeur acariâtre ou hyper exigeantes. Je ne laisse pas les choses traîner et je crève l’abcès avec les familles si nécessaire. L’entourage doit comprendre que moi aussi je peux être fatiguée. C’est d’ailleurs plus difficile pour moi d’être patiente lorsqu’il y a un manque de reconnaissance en face de moi." 
Je suis impressionnée par l’engagement de Sandrine vis-à-vis de ses patients et de leurs aidants. Elle est très présente et facilement joignable. Sa boite vocale encourage à laisser en message et précise qu’ils sont consultés toutes les 10 minutes. Et lorsqu’il n’y a pas de créneau disponible dans sa tournée pour accueillir un nouveau patient, Sandrine aide comme elle peut. Elle aiguille l’aidant, perdu dans le labyrinthe des démarches et la complexité d’une organisation à mettre en place.

Des aidants qui s’effondrent, elle en a vu. La situation peut alors devenir dramatique car ce sont deux personnes qu’on emmène à l’hôpital, l’aidant et son aidé. Son conseil aux aidants pour éviter d’en arriver là :  
Ne rechignez pas à vous faire aider. Ne devenez pas l’infirmier, l’aide-soignant ou l’assistant social de votre proche.

L’infirmière à domicile, comme un membre de la famille

Touchée par l’histoire du petit café que Sandrine prend tous les jours chez Mme D, ancienne aidante de son époux, j’ai contacté cette dernière. Elle m’a raconté la joie d’avoir rencontré Sandrine, qui avait su, naturellement et avec douceur, prendre le relais dans les soins que jusqu’alors elle seule réalisait pour son mari. Mme D. reconnait que le soin prodigué à son mari lui bénéficiait aussi. Sandrine lui apportait le soutien moral qui lui permettait de garder son époux à domicile, comme tous les deux le souhaitaient.

Finalement, Sandrine a changé la vie de cette aidante qui a accepté de déléguer et de faire confiance à l’infirmière. Elle l’a aidée à transmettre une sérénité précieuse à son époux malade. C’est donc tout naturellement qu’elle est devenue une amie chère de l’aidante de son patient. Mme D. considère qu’elle est devenue un membre de la famille.

Une réflexion me vient en pensant à Sandrine, l’infirmière des malades et de leurs aidants : aider les aidants, c’est presque un soin. On les aide avant qu’ils ne s’épuisent.

Merci à vous, Sandrine, et à toutes les infirmières et infirmiers qui vous occupez si bien de nos proches et de nous, les aidants !

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